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Discernement ou overthinking ?

  • il y a 22 heures
  • 7 min de lecture

Les pensées qui nous sabotent :

comment retrouver la volonté de Dieu




Nous vivons à une époque où nos pensées semblent ne jamais s’arrêter. Nous pensons, nous analysons, nous comparons, nous imaginons des scénarios futurs, nous relisons des messages, nous anticipons des problèmes qui n’arriveront peut-être jamais. Nous sommes convaincus que réfléchir davantage nous rendra plus sages et nous aidera à prendre de meilleures décisions. Pourtant, dans la vie quotidienne, nous faisons souvent l’expérience du contraire:

  • plus nous pensons, moins nous décidons,

  • plus nous analysons, moins nous trouvons la paix,

  • plus nous cherchons à contrôler chaque détail, plus nous perdons notre liberté.


Et lorsque nous prenons enfin une décision, nous risquons de le faire non pas guidés par la foi, mais par la peur, en nous éloignant inconsciemment de la volonté de Dieu.


J’ai récemment lu un article intéressant de la neuroscientifique Dr Sylvia Mercer, Ph.D., consacré à l’overthinking, c’est-à-dire à la tendance à penser de manière excessive et compulsive. La chercheuse explique que ce phénomène ne dépend pas seulement de l’anxiété ou de l’indécision, mais qu’il concerne aussi le fonctionnement du cerveau, en particulier les mécanismes de la dopamine et du système de récompense. Lorsque nous vivons sous pression, le cerveau tend à rechercher continuellement des confirmations, des réassurances et des distractions, alimentant ainsi un cercle vicieux qui rend de plus en plus difficile toute décision prise dans la sérénité.


Les neurosciences nous aident à mieux comprendre le fonctionnement de notre mental et peuvent nous offrir des outils utiles pour interrompre certains mécanismes qui alimentent la rumination mentale.


Comment puis-je savoir si je discerne réellement la volonté de Dieu… ou si je suis simplement prisonnier de l’overthinking ?


1. Un esprit qui ne s’arrête jamais


Nous vivons immergés dans le bruit. Pas seulement dans le bruit du monde, mais surtout dans celui qui habite en nous.


Beaucoup de personnes pensent que réfléchir continuellement signifie être prudentes, responsables ou spirituellement mûres. En réalité, un mental toujours en mouvement n’est pas nécessairement un esprit éclairé. C’est souvent un esprit fatigué. Un esprit blessé. Un esprit qui, par peur de se tromper, cherche à tout contrôler. Et plus il cherche à contrôler, plus il perd la paix, fruit de l'Esprit Saint.


2. Ce que les neurosciences nous enseignent sur l’overthinking


Le Dr Sylvia Mercer observe que l’overthinking est également lié à la manière dont le cerveau gère la dopamine. Lorsque nous sommes stressés, ou que nous avons un désordre dans le sommeil, ou que nous sommes émotionnellement vulnérables, le cerveau recherche continuellement de nouvelles informations, des réassurances ou de petites gratifications immédiates.


C’est pourquoi nous passons facilement d’une pensée à une autre. D’une recherche à une autre. D’un message à un autre. D’un doute à un autre.


Le mental continue de travailler sans relâche. Mais le cœur reste inquiet !


3. La question décisive : c'est discernement ou overthinking?


C’est l’une des questions les plus importantes de la vie spirituelle pour les temps qui nous vivons. Tout ce qui traverse notre esprit ne vient pas nécessairement de Dieu.


Et tout ce que nous appelons « discernement » n’est pas réellement du discernement des esprits. illuminé par le Saint-Esprit.


Combien de personnes m’ont confié :

« Mon Père, je continue de prier, mais je n’arrive pas à décider. »

« Je cherche la volonté de Dieu, mais je change d’avis chaque jour. »

« J’analyse tout. »

« J’ai peur de me tromper. »


Beaucoup pensent être en train de discerner. En réalité, elles ne font que ruminer. Le discernement ne consiste pas à multiplier les pensées. Il consiste à apprendre à écouter le Saint-Esprit.


4. Quand la pensée cesse d’être du discernement


Il existe une différence profonde entre le discernement et l’overthinking.


Le discernement naît de la confiance. L’overthinking naît de la peur.

Le discernement conduit à la paix. L’overthinking engendre l’agitation.

Le discernement éclaire. L’overthinking crée la confusion.

Le discernement pousse à agir. L’overthinking paralyse et sabote.


Un critère simple peut nous aider: après avoir prié, mon cœur est-il plus libre ?

Ou est-il encore plus confus, effrayé et bloqué ?


Le Saint-Esprit n’augmente pas le chaos. Il le transforme.


5. Toutes les pensées ne viennent pas de Dieu


L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à croire que chaque pensée mérite notre attention. Ce n’est pas le cas:

  • Certaines pensées naissent de nos blessures.

  • Du manque d’estime de soi.

  • Du besoin d’être approuvé.

  • Du perfectionnisme.

  • De la peur de l’avenir.

  • De la culpabilité.

  • Des déceptions du passé.

  • de la basse auto-estimation.


Et certaines pensées deviennent aussi de véritables tentations diaboliques. Le démon n’a pas toujours besoin de nous pousser directement vers le péché. Il lui suffit parfois de nous empêcher de décider. Car une personne continuellement bloquée finit par ne pas accomplir le bien que Dieu lui demande aujourd’hui.


6. Le sabotage qui détruit la confiance


L’overthinking devient une forme de sabotage lorsque le besoin de contrôler remplace la confiance.


Nous recherchons alors :

  • une confirmation supplémentaire ;

  • un autre signe ;

  • un autre conseil ;

  • un autre livre ;

  • une autre vidéo ;

  • une autre communauté ;

  • une autre église ;

  • une autre analyse.


Et pendant ce temps, la vie passe.

Combien de vocations restent suspendues !

Combien de missions ne commencent jamais !

Combien de réconciliations sont sans cesse reportées !


Parce que le sabotage permet à la peur d'être plus forte que l’appel.


7. Le Saint-Esprit ne crée pas la confusion


Saint Paul affirme :

« Car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. » (1 Co 14,33)

Le Saint-Esprit n’alimente pas le chaos. Il ne parle pas à travers l’angoisse. Il n’écrase pas par la culpabilité. Il ne se fie pas aux sensations ou aux sentiments.


Lorsqu’il guide une personne, il lui donne une paix profonde qui coexiste même avec le sacrifice et l’incertitude, avec la croix et l’épreuve.


La paix ne signifie pas l’absence de problèmes ! Elle signifie l’expérience de la présence de Dieu, qui donne un sens à toute chose.


8. La découverte qui transforme notre manière de discerner


Durant mes nombreuses années de ministère, j’ai observé une réalité surprenante. J’ai remarqué que certains frères et sœurs ne changeaient pas réellement. Et j'ai vu que ceux qui changeaient, c'était lorsqu’ils retrouvaient une relation authentique avec le Saint-Esprit dans un chemin profond de donation et de sainteté.


C’est cette Présence qui remet progressivement en ordre ce que la peur avait désordonné.


9. Le cœur à cœur avec le Saint-Esprit


J’ai vu des hommes et des femmes arriver avec le cœur rempli de confusion et repartir avec un regard nouveau. Non pas parce que tous leurs problèmes avaient disparu. Mais parce qu’ils avaient fait la douce expérience du Saint-Esprit…

  • dans la louange ;

  • dans l’adoration ;

  • dans le silence ;

  • dans la Parole de Dieu ;

  • dans la traversée du désert de l’épreuve ;

  • dans la fidélité et la responsabilité.


C’est là que le cœur recommence véritablement à écouter le Saint-Esprit.

C’est là que le discernement devient possible. Comme le dit Jésus :

« Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. » (Jn 10,27)

10. Alors comment arrêter l’overthinking?


Beaucoup me demandent : « Mon Père, alors, que dois-je faire concrètement ? » La première réponse pourrait surprendre : ne cherche pas à combattre chaque pensée.


Plus nous essayons de chasser une pensée par la force, plus nous risquons de la rendre centrale et victorieuse.


Le véritable combat ne consiste pas à contrôler les pensées mais à laisser le Saint-Esprit orienter le cœur.


Chaque jour, accorde-toi un temps de silence. Éteins ton téléphone. Ouvre l’Évangile. Invoque le Saint-Esprit. Avant même de demander quelque chose à Dieu, loue-le et adore-le.


La louange déplace le centre de notre attention. Nous ne sommes plus concentrés sur nos peurs, mais sur la Seigneurie de Dieu, s’il est véritablement le Seigneur pour nous !


Et c’est précisément dans ce cœur à cœur avec Lui que beaucoup de pensées perdent soudainement leur force. Non pas parce qu’elles ont disparu. Mais parce qu’elles ne gouvernent plus notre vie car l'Esprit dit en nous : Jésus est le Seigneur !


Demande-toi alors :

  • Cette pensée me rapproche-t-elle du Christ Seigneur ou m’éloigne-t-elle de Lui ?

  • Me donne-t-elle une paix profonde ou produit-elle seulement de la peur et de la confusion ?

  • Me rend-elle plus libre d’aimer ou davantage esclave du contrôle ?


11. La volonté de Dieu n’est pas une énigme gnostique


Beaucoup de chrétiens vivent avec la peur de se tromper de chemin, comme si la volonté de Dieu était un casse-tête mystérieux et difficile à résoudre.


Mais Dieu est Père. Un père ne prend pas plaisir à confondre ses enfants. Il les guide. Il les éduque. Il les accompagne pas après pas.


Le Saint-Esprit nous a précisément été donné pour cela : éclairer notre intelligence, purifier notre cœur et orienter notre liberté.


Le discernement ne consiste donc pas à deviner l’avenir, ou à suivre mes émotions, si je ne vis pas en profondeur cœur à cœur avec le Saint-Esprit.


Il consiste à marcher chaque jour avec Dieu. Plus notre intimité avec Lui grandit, plus nous apprenons à reconnaître sa voix, comme cela se produit entre deux personnes qui s’aiment et qui, avec le temps, apprennent à se comprendre presque sans paroles.


La volonté de Dieu n’est pas une énigme à déchiffrer. C’est une relation à vivre.


12. Du bruit des pensées à la paix du Saint-Esprit


Lorsque nous apprenons à vivre un véritable cœur à cœur avec le Saint-Esprit, dans la louange, l’adoration et l’écoute de la Parole, nous découvrons que tant de pensées qui nous semblaient si importantes n’étaient que du bruit :

  • un bruit alimenté par la peur ;

  • un bruit né de nos blessures ;

  • un bruit qui recouvrait la voix la plus importante : celle du Bon Pasteur ;

  • un bruit capable d’installer en nous une fausse vérité sur nous-mêmes.


Le véritable discernement naît :

  • lorsque le bruit se transforme en écoute ;

  • lorsque la peur laisse place à la confiance ;

  • lorsque le contrôle s’abandonne à l’amour.


C’est alors que nous pouvons enfin marcher avec sérénité, en sachant que Dieu ne nous demande pas de tout prévoir, mais de Lui faire confiance.


Peut-être que le véritable problème est que nous demeurons trop peu dans la profondeur de la présence de Dieu.


Le discernement ne naît pas d’un superficiel qui analyse tout, mais d’un cœur qui demeure dans le Saint-Esprit.


Lorsque Jésus devient véritablement le Seigneur de notre vie, le bruit laisse place à Sa voix, la peur se transforme en confiance et ce qui semblait impossible devient enfin clair.


Car la volonté de Dieu ne se conquiert pas par les efforts du mental.

La volonté de Dieu s’accueille dans l’intimité avec le Saint-Esprit !

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