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La crise d’un groupe n’est pas la fin: c’est le début d’une nouvelle saison.

  • 25 juin
  • 5 min de lecture

Pourquoi les fraternités traversent des tensions, comment les interpréter et comment en sortir plus unies, plus mûres et plus missionnaires.

« Qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! » (Psaume 132,1)

Chaque fraternité naît d'une intuition de l'Esprit Saint. Au début, tout paraît naturel : on se comprend facilement, on partage la même passion pour Jésus, la prière est intense, la fraternité est joyeuse et la mission enthousiasme tout le monde.

On a presque l'impression que chacun a été créé pour l'autre.

C'est la phase représentée par cette première image : deux pièces de puzzle qui s'emboîtent parfaitement malgré leurs différences.

La beauté des commencements

Toute fondation traverse ce moment de grâce. Les différences ne font pas peur, elles se complètent. Chacun met spontanément ses dons au service des autres. Les décisions semblent simples. Les relations s'écoulent avec naturel. La mission grandit. C'est un temps merveilleux qu'il faut accueillir et préserver avec gratitude.

Mais si une fraternité est réellement vivante, cette étape ne peut pas durer éternellement. Pourquoi ? Parce que les personnes grandissent.

Quand la crise arrive

Après quelques mois ou quelques années, quelque chose change. Les personnes mûrissent. Les sensibilités se différencient. La communication devient plus complexe. Les motivations évoluent.

Des blessures, des attentes et des caractères différents apparaissent.

Ce qui, au début, semblait fonctionner parfaitement ne fonctionne soudainement plus.

C'est la deuxième image. Les deux pièces de puzzle sont encore très semblables à celles du début, mais elles ont grandi. Elles conservent la même identité, mais elles ont acquis de la profondeur. Elles ont développé de nouvelles épaisseurs, de nouveaux volumes, de nouvelles facettes. Elles ne parviennent plus à s'emboîter comme auparavant.

Beaucoup interprètent cette étape comme un échec.

En réalité, la crise ne signifie pas que la fraternité est en train de mourir.

Elle signifie que la fraternité est en train de grandir.

La croissance transforme les personnes

Personne ne reste identique à lui-même.

Une fraternité authentique forme ses membres. Elle les fait mûrir spirituellement. Elle les rend plus conscients. Elle fait émerger de nouveaux charismes. Elle suscite de nouveaux ministères. Elle éveille de nouvelles responsabilités.

Par conséquent, les relations doivent elles aussi évoluer. Les modes de communication qui fonctionnaient au début ne suffisent plus. Les premières structures d'emboîtement deviennent trop petites.

Les responsabilités ne peuvent plus être concentrées entre les mains des mêmes personnes.

Il faut une nouvelle organisation.

Il faut une nouvelle culture relationnelle.

Il faut une nouvelle vision.

Aujourd'hui, ce processus est encore plus rapide. Nous vivons dans une société marquée par des changements permanents, de nouvelles technologies, de nouvelles sensibilités et de nouvelles façons de communiquer et de collaborer.

Les fraternités sont elles aussi appelées à grandir à ce rythme, sans perdre leur identité évangélique.

L'erreur la plus fréquente

Beaucoup de groupes cherchent à revenir aux débuts, en forçant les choses et parfois en blessant les personnes. Ils voudraient retrouver cet emboîtement parfait.

Mais ce n'est qu'un idéal, et il est impossible de revenir en arrière.

La croissance ne permet pas de revenir en arrière !

De même qu'un enfant ne peut plus rentrer dans les vêtements de son enfance, une fraternité mûre ne peut plus vivre selon les schémas de ses premiers mois.

Celui qui s'obstine à vouloir reproduire le passé tombe facilement dans la nostalgie, la déception ou le conflit. Il faut grandir !

L'Esprit Saint ne nous invite jamais à revenir en arrière ; il nous appelle toujours à aller au-delà de la crise.

La véritable solution : construire un réseau

Et nous voici devant la troisième image. Nous n'y trouvons plus deux pièces de puzzle avec leur identité propre qui cherchent désespérément à s'emboîter.

Nous découvrons une structure beaucoup plus grande.

Plus ouverte.

Plus souple.

Plus riche.

Un réseau où chaque connexion engendre de nouvelles connexions.

Personne n'est le centre.

Personne ne retient tout pour lui.

Chaque nœud soutient les autres.

Chaque connexion crée de nouvelles possibilités.

« De lui, le corps tout entier, bien coordonné et solidement uni grâce à toutes les articulations qui le desservent, selon une activité répartie à la mesure de chacun, réalise sa propre croissance pour se construire lui-même dans la charité. »(Éphésiens 4,16)

Voilà l'image d'une fraternité mûre qui évangélise. Elle ne vit plus seulement de relations personnelles. Elle vit d'une vision partagée. Les connexions ne servent plus à se refermer sur un petit cercle, mais à s'ouvrir aux autres, sans rester centrés sur soi-même ni sur ses propres aspirations.

On passe de la simple amitié à la coresponsabilité.

Du groupe à la communauté.

De la communauté à la mission.

Comment bien traverser une crise

Lorsqu'une fraternité entre dans une phase de transformation, il est essentiel d'adopter quelques attitudes fondamentales :

1. Ne pas avoir peur de la crise. La crise est souvent le langage par lequel Dieu nous invite à faire un pas en avant.

2. Préserver l'unité sans rechercher l'uniformité. La communion ne naît pas du fait de penser tous la même chose, mais de marcher dans la même direction.

3. Améliorer continuellement la communication. Beaucoup de conflits ne naissent pas de la méchanceté, mais du manque d'écoute, de clarté et de dialogue.

4. Responsabiliser de nouvelles personnes. Une fraternité grandit lorsqu'elle suscite de nouveaux responsables et de nouveaux serviteurs.

5. Accueillir les nouveaux charismes. Chaque personne apporte une richesse capable de faire grandir toute la communauté.

6. Se laisser guider par la vision. Lorsque tous regardent dans la même direction, les différences deviennent une richesse.

Quand quelqu'un décide de partir

Toute croissance implique aussi des choix. Tout le monde ne souhaite pas évoluer. Certains préfèrent rester dans la sécurité des débuts, ne pas changer et ne pas accueillir la nouveauté de l'Esprit Saint. D'autres ont du mal à accepter de nouvelles façons de collaborer. D'autres encore ne partagent plus la même vision de croissance. Cela fait partie de la vie.

Jésus lui-même a vu certains disciples s'éloigner. Cela ne signifie pas qu'il faut cesser de les aimer. Cela signifie qu'il faut continuer la route sans perdre la paix.

L'unité ne consiste pas à retenir tout le monde à n'importe quel prix.

Elle consiste à rester fidèles à la mission reçue.

Construire ensemble la vision

Un exemple : les Fraternités Charismatiques de la Miséricorde désirent être précisément cela : non pas de simples groupes d'amis, mais des communautés missionnaires capables de grandir, de se renouveler et de s'ouvrir continuellement à l'action de l'Esprit Saint.

C'est pourquoi la prochaine Masterclass sera consacrée à un thème décisif :

Construire la vision

La mission de chaque disciple est de faire des disciples, non pas de lui-même, mais du Christ.

L'avenir appartient aux fraternités qui ont le courage de se laisser transformer par l'Esprit Saint, en construisant des réseaux de communion toujours plus grands, plus ouverts et plus féconds.

Inscrivez-vous à la prochaine Masterclass en consultant nos prochains événements.

La crise n'est pas la fin de la fraternité.

Elle peut devenir le début de sa plus belle saison.

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